Portraits

 

Sainte Madeleine Sophie Barat

 

image001Madeleine Sophie Barat est née en 1779 à Joigny, en France pendant que le feu ravageait les maisons voisines. Dès lors, ce feu brûlera pour toujours dans le cœur de Sophie qui sera captivée par Dieu depuis son plus jeune âge et attirée par une vie de prière contemplative. Elle se rendit compte alors, que la France post révolutionnaire avait un besoin pressant de transformation et ce par une éducation rigoureuse et une spiritualité du Cœur de Jésus. Sophie et quatre de ses compagnes firent leurs premiers vœux en 1800, se consacrant à une forme de vie religieuse alliant le contemplatif et l’apostolique….
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Sainte Rose Philippine Duchesne

philippine_from_duchesne_houstonRose Philippine Duchesne est née à Grenoble en France en 1769. Après s’être préparée pour sa première communion au couvent de la Visitation près de chez elle, son désir de donner sa vie à Dieu l’a menée à intégrer la communauté de la Visitation, un ordre cloîtré et contemplatif, malgré son désir de servir Dieu dans des pays missionnaires. A la fin de la révolution Française, son couvent fut fermé par le gouvernement. Pendant dix ans, Philippine s’occupa des laissés pour compte de Grenoble tout en cherchant quels étaient les projets de Dieu pour elle.
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Sœur Claude Brahamsha

M.B.-Je m’appelle Claude Albert Brahamsha de nationalité égyptienne.
V-Le nom Brahamsha est d’origine….
M.B.-Syrienne, par mon grand-père arrivé d’Alep en Egypte. Ma mère est d’origine syro-libanaise.

M.B.-J’ai deux sœurs et mon seul frère est décédé.
M.B.-Sœur Boulad, que toutes les anciennes connaissent, était ma cousine éloignée. Le Père Xavier Eid, de la paroisse Ste Marie de la Paix de Garden City, était un cousin de maman, ainsi que le Père Nabil Gabriel, et le Père Boulad, jésuites
V-la réaction de mes parents au moment où j’ai choisi d’être religieuse cela leur a été facile d’accepter, car ma famille est très chrétienne.
M.B.-J‘avais 22 ou 23 ans…
V-Que veut dire être religieuse ?
M.B.-C’est se donner totalement au Seigneur. Lui consacrer toute notre vie. Et c’est Dieu qui nous donne aux autres. Pour nous, religieuses du Sacré-Cœur, nous sommes consacrées au Cœur de Jésus pour le faire connaître et aimer.
Comment faire comprendre aux gens que les religieuses sont des êtres humains… ?
M.B.-Ce sont des êtres normaux…mais avec d’autres obligations…Elles doivent se sanctifier comme tout le monde…
Avant d’être religieuse, vous vouliez-être…
M.B.-L’idéal pour moi était d’être une mère de famille vraiment chrétienne qui élève des enfants pour le Seigneur.
V-Le bon Dieu vous a donné tant d’enfants à élever…Avez-vous eu le sentiment d’être une mère pour vos élèves ?
M.B.-Selon nos Constitutions, nous devons être une mère pour nos enfants, et nous essayons de les aimer ainsi de tout notre cœur
V-Comment a commencé votre vie religieuse ? Quelles sont les responsabilités que vous avez prises au début ?
M.B.-Elles sont données par nos Constitutions et règles à observer par toutes les religieuses de la Congrégation. Notre mission principale est l’Education de la jeunesse. .J’ai été toute ma vie professeur de français et de religion. J’ai commencé au Caire en 1952 en faisant la 6e puis la 4e (2de préparatoire) .Puis à Héliopolis de 1954 à 1973, d’abord maîtresse de 3e, deux ans, puis de première secondaire. Et au Caire depuis 1973, j’ai continué à enseigner jusqu’en 1996.
V-Combien d’élèves par classe vous aviez dans ce temps-là ?
M.B.-Au début, entre 23 et 27. Depuis les années 70 une trentaine et plus..
V-Des gens que nous connaissons ici, vous étiez prof. De…
M.B.-Sœur Céleste, Mme Simone et Mme Marie ont été mes élèves.
V-Vous pouvez me raconter un tout petit peu au sujet des filles qui n’étaient pas calmes….
M.B.-J’ai eu une seule année difficile avec les élèves de la 4e au Caire…On ne s’est pas entendu, peut-être parce que l’année précédente elles avaient eu une Mère qu’elles aimaient beaucoup et qui était partie. Alors quand je l’ai remplacée ça n’a pas bien marché, elles étaient un peu difficiles, et je n’ai pas été assez souple.
V-Pouvez-vous me donner quelques détails du règlement que les élèves du Sacré-Cœur devaient suivre à cette époque ?
M.B.-Ce que je vais rappeler était observé dans tous les pensionnats du Sacré-Cœur dans le monde jusque vers 1960… Donc Mme Simone pourra vous le confirmer.
Chaque semaine, nous recevions l’appréciation de notre conduite sous la forme d’une petite carte où figurait soit un TRES BIEN, soit un BIEN, soit un ASSEZ BIEN, mais celui-ci ne signifiait pas une conduite assez bonne, mais pas du tout bonne, et méritait une retenue…
A la fin de chaque trimestre, les élèves, dont la conduite avait été satisfaisante, était décorées d’un Ruban : Vert pour les Préparatoires, Bleu pour les Secondaires. Elles le portaient pendant tout le trimestre. Les Petites primaires recevaient un Ruban Rose, plus fréquemment, et le perdaient si elles n’avaient pas soutenu leurs efforts.. Pour avoir le Ruban Bleu les élèves devaient les désigner, les élire par un vote écrit, selon un ordre de mérite, ratifié ensuite par les Mères. De la 1ère secondaire à la Terminale, elles montaient ainsi de degré en degré et si elle arrivait – rarement – au premier, l’élue recevait le 1er Médaillon et la seconde – plus souvent – le second Médaillon.

Autre particularité, pour nous former au service des autres, – formation sociale – au début de chaque trimestre, certaines élèves recevaient une « charge « dans la classe ou dans l’ensemble du Collège : ainsi la Réglementaire devait sonner la cloche à la fin de
l’étude, de la classe, de la récréation… La Présidente du chant était chargée de l’ordre de l’armoire qui contenait les livres des cantiques, et pouvait mêmes choisir les chants qu’elle proposait à la Mère organiste, une élève était chargée de l’ordre de sa classe : tableau à effacer, lumières à éteindre, chaises à ranger, etc…Je ne me souviens plus des autres charges….qui étaient récompensées au début du trimestre suivant, et données à d’autres élèves.
Pour la formation de la volonté, le silence était de rigueur : On ne devait pas parler dans les corridors ni à la salle d’études : il fallait descendre et monter de la récréation, en silence.
C’est pourquoi pour préparer les fêtes, on nous faisait faire des «pratiques » de silence. Ainsi pour Noël, le grand pensionnat se réunissait pendant neuf jours, avec toutes les Mères, et chaque élève qui pensait avoir gardé fidèlement le silence, passait devant la Supérieure pour prendre une pomme de terre et la déposer au pied de la Crèche, pour les pauvres. Celle qui avait conscience d’avoir manqué au silence, se contentait de faire une révérence, et passait sans rien prendre… Toutes les anciennes se souviennent de cette célèbre « neuvaine des pommes de terre. »
Elles se souviennent aussi des journées de congé, à
l’école ! Organisées par les Mères pour nous amuser ensemble, par des jeux au jardin, des classes « amusantes…et toujours terminées par une pièce de théâtre bien préparée par les élèves les plus douées pour cet art. Le but de ces congés était de fêter la Supérieure de la maison ou la Maîtresse générale responsable du Collège.
Sœur Claude Albert Brahamsha

Soeur Adela Blanes:

«J’ai tout donné et j’ai tout reçu »

Présentation :
– Adela Blanes de nationalité espagnole, née à Palma de Mallorka, élève du Sacré-Cœur de mère en fille.
J’ai trois frères et une sœur.
Dans ma famille, nous étions onze religieuses du Sacré-Cœur entre la sœur de mon père, les cousines germaines, les cousines
à mon père.
V- Comment avez-vous senti l’appel de Dieu ?
S.A.-Quand j’ai fait ma 1ere communion à sept ans, on m’avait choisie pour réciter une poésie à dire par cœur, où Jésus disait je t’aime. Je l’ai vraiment senti après la communion et à partir de ce moment-là,
j’ai eu ce désir d’être religieuse.

V- Quelle était la réaction de vos parents ?
S.A.-Je suis née dans une famille chrétienne qui a une forte foi :mon père et ma mère priaient le Seigneur d’avoir un enfant pour Dieu depuis leur mariage, donc c’était la réponse de leur prière.

V- Comment a commencé votre vie religieuse ?
S.A.-Comme l’épouse se donne à sa famille et son mari ainsi la religieuse se donne à Dieu.
En 1946, en 2ème secondaire, j’ai fait mes plans définitives de rentrer au Sacré-Cœur, j’ai rencontré la mère générale au centenaire de la 1e maison du Sacré-Cœur en Espagne et je lui ai demandé sa bénédiction, j’avais dix sept ans.
V-Comment étaient votre première année
au Couvent ?
S.A.-Pour moi c’était de se donner complètement
à Dieu,
Le Seigneur est le numéro 1 pour nous.
Nous étions 90 novices entre 17 et 25 ans, c’était la joie de la jeunesse, la joie de se donner à Dieu.
La 1e année, on se donne tout à fait à Dieu, beaucoup de prières, de vie spirituelle, de conférences pour nous former à la vie religieuse puis on a des travaux manuels : des ateliers de travaux en groupe de cinq religieuses pour apprendre à traiter les enfants.
On réfléchit : Pourquoi je me suis donnée à Dieu ?
Qu’est – ce que je veux de la vie religieuse ?
La 2ème année, on commence les études pédagogiques, nous sommes des religieuses éducatrices,
la pédagogie est très importante. On passe une année avec ces études et apprendre à faire la classe.

V-Quelle est l’importance des études de pédagogie ?
S.A.-L’éducation est essentielle dans la vie, apprendre à accepter chaque enfant comme il est et savoir
s’adapter à l’enfant pour le former… L’enfant c’est
l’avenir, l’éducatrice a entre ses mains le futur
du pays, quelles sont les valeurs qu’elle leur donne ?
Les enfants sont très malléables dans leurs mains.
La musique et son importance.
J’ai eu la chance de faire sept ans d’études
au conservatoire de musique et ça m’a beaucoup aidé dans ma vie religieuse parce que les paroles peuvent être oublié mais les chants ça restent.
S.A.- L’Egypte
– Je suis arrivée en Egypte le 9 octobre 1956, 20 jours avant la guerre, la plupart des sœurs étaient françaises et anglaises et la police nous a demandé
de quitter le pays dans une semaine.
On a commencé à faire leurs valises et quatre jours après on a reçu une carte d’identité que nous étions des citadines du Vatican, ni françaises ni anglaises
ni espagnoles. C’est ainsi qu’on ait pu rester
en Egypte. Je l’ai considéré un miracle.
– De l’année 56 à 58, j’étais à Héliopolis, je faisais
la surveillance de la 3ème prépa. – 1er prépa.
Les classes étaient de 20 – 25 élèves, nous étions soixante religieuses.
Le nombre d’élèves de toute l’école était 230 élèves, il y avait Mme Simone en prépa. et sœur Céleste
en 5ème primaire. J’ai fait aussi la catéchèse
de la 6ème primaire et de même j’ai eu Sœur Céleste comme élève.
Deux années plus tard, on m’a demandé d’aller au collége du Caire (Ghamra) et j’ai fait la catéchèse de
la 1er prépa.
J’ai eu la chance de donner toute ma vie la catéchèse.
La foi est très importante : « Si on a le respect
de Dieu, on a aura le respect de l’homme ».
J’étais chargé au Caire de la sacristie, du rang comme surveillante et des cours d’ouvrage.
Le rang : c’était toujours en silence, la surveillante était au début et celle qui l’aidait à la fin.
« Celle qui élève un homme élève
une personne mais celle qui élève une femme élève une famille ».
St. Madeleine Sophie

L’année soixante, on ne sortait pas, on était encloitré, on nous a seulement permis de sortir pour aller chez les pauvres.
Je sortais avec Sr .Incarnita Schiaffino (espagnole) trois fois par semaine à 3 :00 heures de l’après midi à pied de Ghamra jusqu’à charabia, il y avait
une vingtaine de filles ente 18 et 25 ans avec qui
on parlait pour les former à la vie :
C’est la femme qui reste toujours au foyer.
L’année 66, on a commencé à penser à la Haute Egypte à former la 1ere communauté là-bas.
Nous étions cinq à cinq choisies pour aller :
Sr. Lopez Arnaiz ,Sr. Incarnita Schiaffino, Sr. Rosario Lemos, Sr Fawzeya Banoub et moi.
Le jour où nous sommes parties pour Samalout,
la route était bloquée à partir de بني سويف
parce qu’on transportait les gros turbines pour le haut barrage alors on a dû rentrer par des routes intérieures.
Je n’oublierai jamais la beauté de la campagne égyptienne, le paysage, les femmes, les canards.
Le lendemain, on devait commencer à travailler
à Abwan: un village loin de Samalout de 16 km.
Mon Seigneur Antonio Naguib était là-bas en vacances chez sa famille en ce moment et il s’est réuni avec nous et avec Mère Maria Thérèse Joy supérieure de Ghamra et Mère Josefa Ustara supérieur d’Héliopolis qui nous accompagnaient.
Le choc que j’ai eu de la pauvreté et la misère
du village
Comment vivaient – ils ?
Une pauvreté extraordinaire. On a vécu trois ans dans un appartement où de grands rats se promenaient puis on a acheté un terrain.
Je ne connaissais pas l’arabe encore en ce moment,
j’écrivais les mots en français et on les traduisait.
Je chantais avec les enfants, la musique
m’a beaucoup aidée dans ma vie, ça donne de la joie.
J’ai été la 1ere femme à conduire l’auto à Minya,
c’était le 4 décembre 1966. On partait à 8:00h
du matin à Abwan jusqu’a 7:00h du soir. On prenait un carro, un garrar, un camion alors on a demandé si on pouvait acheter des bicyclettes alors on nous
envoyé de l’argent pour acheter l’auto.
J’ai commencé à apprendre l’arabe avec les livres
de jardin d’enfants الأرنب يأكل الجزر \ الأرنب يحب الجزر
Je suis resté 18 ans à Samalout.
On a ouvert un (ouvroir) pour former les filles,
on a commencé à faire tous les uniformes de l’école de l’association de Samalout puis
a Abou Korkas, de Dayrouth et le jardin d’enfants
de Ghamra.
A ce moment, ils mouraient énormément d’enfants de la désbydration.
on sauvait tant d’eux avec 1 verre d’eau, 3 cuillères de sucre et un peu de sel, c’est le sérum محلول. Je donnais une cuillère et je faisais une petite prière, une cuillère
une prière…..
– En 88, on m’a demandé d’aller à Bayadeya,
un village dont la majorité était chrétienne, il y en avait 17000, le maire (Omda ) était chrétien aussi,
– il a acheté un terrain pour faire une mosquée.
– Un jour, les villageois musulmans ont ramassé de
l’argent pour assister à une fête de أم كلثوم alors
le maire ( Omda )leur a dit de bâtir la mosquée avec cet argent au lieu d’aller à la fête.
C’est très intéressant Bayadeya, j’ai été chargé avec Sr. Elizabeth Mac phec (appelée Liby)
de la formation de la femme : cours de vie, catéchèse, formation, tricot, crochet….
Nous avions 275 filles, la loi permettait le mariage
à seize ans mais en réalité, elles se mariaient à onze-douze ans.
Ma réussite à bayadeya était de ne pas laisser les filles se marier les filles avant l’âge et la circoncision des enfants dont 90% devaient la subir. On parlait beaucoup aux familles, leur montrant les mauvaises conséquences. Même un jour il y avait un pasteur qui voulait marier une fille à 14 ans,je lui disais comment vous demander aux gens de faire la justice que vous ne faites…. et vraiment il a annulé ce mariage.La mère de Mme Eda Ghali (Bibliothèque) m’avait beaucoup aidée là-bas pour la formation humaine de la femme au foyer.Je suis restée à Bayadeya 30 ans.Q-Comment était le comportement des citoyens (hommes) à ce temps là avec vous.
Nous n’avions aucun problème, le moment des fêtes nous passions chez les femmes et les hommes pour leur souhaiter la bonne fête de même dans toutes
les occasions.
Le respect est un des point plus important entre nous.
Si on a le respect de Dieu
il y aura le Respect de
l’homme

Et je suis là, à Héliopolis, depuis septembre 2014.
V- Sœur Adela Que veut dire être religieuse ?
S.A.-Se donner à Dieu et être témoin de l’amour
de Jésus.
Par l’amour on gagne et on change une personne,
l’amour est très important dans la vie.
La 1ere personne dans notre vie est Jésus Christ,
à 17 ans j’ai quitté mes parents, ma famille, ma patrie, ma langue et je suis arrivée en Egypte
à 26 ans.

V- Y a eu quelque chose que vous auriez aimé faire mais pas pu étant religieuse ?
S.A.-Quand on donne toute notre vie au Seigneur, on est heureux : quoique je fasse il est avec moi et il remplit ma vie.
Nous sommes des êtres humains, nous avons nos caractères avec nos qualités et nos défauts.
L’important est de savoir :
En quoi j’ai rencontré Dieu aujourd’hui ?
Quoi donner à Dieu aujourd’hui ?
Quoi pas fait et lui demander pardon
Le mariage est aussi la même chose, le mari et
la femme doivent apprendre à se demander pardon. Nous sommes tous des êtres humains, il faut donner de son mieux pour l’image de Dieu, on n’est pas parfait. Ils Cherchent chez nous un témoignage
du Christ, un témoignage de la parole de Dieu.
J’ai donné ma vie au Seigneur, j’ai fait beaucoup
de sacrifices avec joie et avec larmes aussi.

V-À présent, quelles sont vos activités ?
– S.A.-C’est la prière, puis il y a l’internet, je lis beaucoup, il y a des conférences très intéressantes comme celle de Sr. Mariolla Lopez au Mexique sur l’éducation. Elle est Espagnole.
– Les parents peuvent profites de ce site. Il ya tant
de conférences intéressantes qui puissent les aider
www.rscj international.org (notre site)