Historique de la province d’ Egypte

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En 1903, les maisons du Sacré-Cœur en France étant menacées d’expulsion, la Supérieure Générale a formé le projet d’ouvrir une maison en Egypte. Bien que le pays fût encore sous l’occupation anglaise, les familles, qu’elles soient d’origine syro-libanaise ou coptes, désiraient la connaissance du français pour leurs filles. Les circonstances n’étant pas favorables à Alexandrie, les religieuses allèrent au Caire, où elles furent reçues avec beaucoup de charité par les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, en attendant qu’elles puissent s’installer dans une villa provisoire, au début de 1904. Conformément aux Constitutions de la Société, la maison destinée à recevoir des élèves fut d’abord strictement un Pensionnat. Elle fut achevée en 1906. Sur le terrain, on a ouvert aussi très vite un externat semi-gratuit qui a reçu plus d’élèves que le pensionnat.
La première communauté comptait 7 religieuses appartenant à quatre nationalités : trois Françaises, deux Irlandaises, une Allemande et une Autrichienne.
L’internationalité de la communauté fondatrice s’est maintenue et même accrue tout le long de notre histoire. Parmi les 365 religieuses venues de l’étranger il y a eu 25 nationalités dont 174 Françaises, 80 espagnoles, 22 Italiennes, 13 Anglaises, 12 Irlandaises, 10 Belges….Actuellement il reste une Française, trois Espagnoles et une Hollandaise sur 28 religieuses.
La seconde maison fut celle de Ramleh à Alexandrie, en 1908. N’ayant pas pu recevoir des élèves, les religieuses furent occupées par des œuvres de charité diverses. Mais en 1922, la Communauté partit et la maison resta pour les religieuses qui venaient passer leurs vacances d’été. Elle fut rouverte en 1952 pour commencer une école, et fermée de nouveau définitivement en 1962
En 1911, un Pensionnat analogue à celui du Caire fut ouvert à Héliopolis. Et désormais ce que nous dirons concerne exactement les deux maisons. L’organisation et le Plan des Etudes étaient semblables à ceux des maisons de France, jusqu’en 1956. Après la révolution de Nasser, nous avons suivi le programme officiel avec la différence d’une option obligatoire pour l’étude du français à un niveau plus élevé que celui d’une première langue dans les écoles de l’Etat
Très vite, après la guerre de 14-18, on a commencé à admettre des demi-pensionnaires, mais en 1956, nous n’avons plus reçu de pensionnaires à cause des circonstances politiques et religieuses. Et en 1974 la demi-pension a été supprimée. Les « Pensionnats du Sacré-Cœur », si chers à nos Anciennes, sont maintenant des externats appelés « Collège » qui éduquent, chacun, environ 1000 élèves, du Jardin d’enfants au Baccalauréat égyptien. Depuis 2005, une section pour obtenir le Baccalauréat français a commencé au Caire.
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. Nous avons toujours pour objectif de former nos élèves à une Foi profonde et personnelle, et à un sens social qui les amène à se soucier des plus défavorisés de leurs compatriotes.
Cet objectif, la province d’Egypte l’a pris très au sérieux à partir de 1966. Ce fut un vrai tournant dans la vie de la province. A la faveur de la suppression de la clôture pour les religieuses, elles ont pu accompagner les élèves vers les plus pauvres du pays. D’abord dans les quartiers populaires du Caire, puis dans les villages de la Haute-Egypte où la première fondation a eu lieu en 1966 dans la petite ville de Samalout. Elle fut bientôt suivie par celle de Béni-Ebeid en 1971, d’Abou- Korkas, en 1972, de Daïrout en 1974, de Ghanayem en 1977 et de Bayadeya en 1980. Actuellement, il reste les trois premières et la dernière, les autres ont dû être fermées faute de personnel… A Abou-Korkas, nous avons une « école du Sacré-Cœur, » du Jardin d’Enfants au Cycle Préparatoire. Dans les autres maisons, nous poursuivons notre mission éducatrice, par des jardins d’enfants et des classes pour handicapé mentaux, soit en collaborant avec l’Association laïque pour les écoles de la Haute-Egypte, soit dans des Centres de promotion féminine et d’alphabétisation, et dans des activités paroissiales ou sociales. Le dispensaire de Samalout est aussi un lieu de formation des mamans au soin des enfants. Il est surtout spécialisé pour le soin des brûlés
Entre- temps la province a essayé une fondation à Beyrout en 1971. Hélas, la guerre civile au Liban en 1975, nous a fait fermer le Foyer pour étudiantes que nous y avions commencé.
Une autre fondation a commencé en 1995 à Ismaïlia : elle fut d’abord une maison de Noviciat. A présent, un Foyer pour étudiantes de la Zone du Canal.
C’est ainsi que la petite province d’Egypte continue l’œuvre éducatrice voulue par sa Fondatrice à la Gloire du Cœur de Jésus